Résumé en 30 sec
Entre un PCE (mesure préférée de la Fed) publié en retard, un FOMC (Fed) qui baisse les taux mais signale une pause, un NFP (emploi) qui rebondit mais avec un chômage plus haut, et un CPI (inflation) plus faible que prévu… le marché a vécu un cocktail rare : bonnes nouvelles + gros astérisque “données distordues”.
Résultat : le S&P 500 a d’abord flirté avec ses sommets après la Fed, puis a corrigé (fatigue/rotation/incertitude), avant de rebondir fort sur le CPI. Le fil rouge : la trajectoire “soft landing + baisses de taux” reste possible, mais la qualité des données (shutdown) et le risque de re-pricing sur les prochains prints gardent tout le monde sur ses gardes. Bureau of Labor Statistics+4Reuters+4Reuters+4
1) Pourquoi ces 4 publications sont le “quadruple check” du marché
Ces 4 évènements répondent exactement aux 3 questions que le marché se pose en boucle :
Inflation : est-ce que ça ralentit “pour de vrai” ?
→ CPI (côté consommateur) + PCE (côté Fed).
Emploi / activité : le marché du travail craque-t-il ?
→ NFP (payrolls, chômage, salaires).
Réaction de la Fed : la Fed accompagne, temporise, ou panique ?
→ FOMC (décision, message, “dot plot”).
Le twist de 2025 : une partie des données est publiée avec retard et parfois sur des fenêtres inhabituelles à cause du shutdown. Ça rend l’exercice plus “psychologique” que d’habitude : le marché ne price pas juste des chiffres, il price la confiance dans les chiffres. Bureau of Labor Statistics+2Reuters+2
2) Timeline ultra claire (chiffres + surprise + réaction S&P 500)
| Date (publication) | Évènement | “Print” clé | Lecture | Réaction S&P 500 (clôture) |
|---|---|---|---|---|
| 5 déc. 2025 | PCE (Sept. 2025, publié en retard) | PCE +2,8% YoY, core +2,8% YoY, PCE +0,3% m/m, core +0,2% m/m | Inflation encore au-dessus de 2% mais pas de ré-accélération nette ; “ok pour une baisse” | +0,19% à 6 870,40 Bureau of Economic Analysis+1 |
| 10 déc. 2025 | FOMC | -25 bps → taux 3,50%–3,75% ; Fed insiste sur risques emploi | “Cut” mais pas de pivot euphorique ; message “data dependent / pause possible” | +0,67% à 6 886,68 Federal Reserve+1 |
| 16 déc. 2025 | NFP (Nov. 2025) | Payrolls +64k, chômage 4,6%, salaires +3,5% YoY | Emploi moins fort qu’un cycle “boom”, mais pas effondré ; chômage monte | -0,24% à 6 800,26 Bureau of Labor Statistics+1 |
| 18 déc. 2025 | CPI (Nov. 2025, octobre annulé) | CPI +2,7% YoY, core +2,6% YoY (en dessous des attentes) | Signal “désinflation”, mais distorsions (shutdown) → prudence | +0,79% à 6 774,76 Bureau of Labor Statistics+2Reuters+2 |
Petite observation “technique” factuelle : entre le 10 déc. (6 886,68) et le 18 déc. (6 774,76), le S&P 500 est ~-1,6% malgré le rebond CPI, signe qu’il y a eu décompression/rotation entre les deux. (Calcul à partir des clôtures Reuters.) Reuters+1
3) PCE : la mesure préférée de la Fed… mais publiée avec un “retard de réalité”
Ce qui est sorti (et ce que ça veut dire)
Le BEA indique sur septembre 2025 :
PCE price index : +0,3% m/m, +2,8% YoY
Core PCE : +0,2% m/m, +2,8% YoY Bureau of Economic Analysis
Et surtout : publication décalée dans le temps après le shutdown, ce qui rend le marché plus sensible aux indicateurs “secondaires” (sentiment, attentes d’inflation, etc.). Reuters souligne aussi cette digestion d’un backlog de statistiques et un marché déjà tourné vers la Fed. Reuters
Inquiétudes (version “market brain”)
2,8% de PCE (headline et core) = encore au-dessus de l’objectif 2% → peur du scénario “cut trop tôt / inflation qui colle”.
“Donnée ancienne” → question : et si l’inflation avait déjà changé depuis septembre ?
Points positifs
Ce n’est pas un print “chaud” : ça n’oblige pas la Fed à redevenir hawkish.
Le marché passe en mode : “la Fed peut couper pour protéger l’emploi si besoin”.
Réaction marché
Le 5 décembre, Wall Street finit légèrement vert : S&P +0,19% (6 870,40). Reuters
Avant même le FOMC, Reuters note que les marchés priceaient une forte probabilité de baisse au meeting suivant. Reuters
4) FOMC : “cut” + dissensions + message de prudence (le cœur du puzzle)
La décision : baisse de 25 bps, mais un communiqué très “équilibriste”
La Fed baisse le taux cible à 3,50%–3,75% et dit explicitement :
“Uncertainty… remains elevated”
“Downside risks to employment rose in recent months”
Les ajustements futurs dépendront des données / balance of risks Federal Reserve
Ce n’est pas qu’une baisse “automatique” : c’est une baisse justifiée par l’emploi (et un équilibre des risques qui bouge).
Le “dot plot” / projections : l’anti-euphorie
Dans les projections (version accessible Fed), on lit notamment :
PIB médian 2025 : 1,7%, 2026 : 2,3%
Chômage médian 2025 : 4,5%, 2026 : 4,4%
PCE médian 2025 : 2,9%, 2026 : 2,4%
Core PCE médian 2025 : 3,0%, 2026 : 2,5% Federal Reserve
Et côté trajectoire de taux, la Fed publie un taux médian (fin d’année) autour de :
3,6 (2025), 3,4 (2026), 3,1 (2027), 3,1 (2028) Federal Reserve
Lecture raisonnable (et prudente) : ça ressemble à une cadence de baisse lente (pas un “easing cycle agressif”), cohérente avec l’idée Reuters : pause probable et une seule baisse attendue l’an prochain dans les projections. Reuters+1
Inquiétudes
La Fed coupe… mais sans promettre d’enchaîner.
Les dissensions (vote divisé) augmentent la sensation de “Fed moins lisible”, donc plus de volatilité potentielle. Reuters évoque trois dissents et un comité divisé. Reuters
Reconforts
La Fed reconnaît le risque emploi : c’est “put-ish” (une forme de filet de sécurité) si l’activité ralentit. Federal Reserve
Le marché a perçu un côté “bad news = good news” : Reuters rapporte que certains investisseurs ont trouvé du “solace” dans le ton de Powell sur le marché du travail. Reuters
Réaction marché (S&P 500)
Le 10 décembre : S&P +0,67% à 6 886,68, proche du record de clôture d’octobre (sans le dépasser). Reuters
5) NFP : l’emploi “tient”, mais le chômage monte (et la data est moins propre)
Ce qui est sorti (BLS)
Nonfarm payrolls : +64 000
Unemployment rate : 4,6%
Salaires : +0,1% m/m, +3,5% YoY
Et surtout : publication retardée + méthodologie perturbée (shutdown) Bureau of Labor Statistics
Le BLS précise que la publication de novembre a été retardée par la lapse in appropriations (1 oct. → 12 nov.) et qu’octobre n’a pas eu de release standard. Bureau of Labor Statistics
Inquiétudes
Chômage 4,6% : dans une grille “Fed”, ça nourrit l’idée que le risque se déplace vers l’emploi (même si payrolls > 0). Bureau of Labor Statistics
Marché : “ok… mais est-ce que ces chiffres sont vraiment comparables mois sur mois ?”
Points positifs
Payrolls positifs, hausses sectorielles (santé, construction) : pas de signal “hard landing immédiat”. Bureau of Labor Statistics
Salaires à 3,5% YoY : pas une spirale qui repart en flèche. Bureau of Labor Statistics
Réaction S&P 500 : paradoxalement, ça baisse
Le 16 décembre : S&P -0,24% à 6 800,26. Reuters met en avant une lecture “ça ne bouge pas l’aiguille” + des poids sectoriels (santé/énergie). Reuters
Point très intéressant : Reuters note que les investisseurs priceaient au moins 58 bps de cuts l’année suivante, plus que ce que la Fed signalait (25 bps). Ce décalage “marché vs Fed” est un carburant classique de volatilité. Reuters
6) CPI : le “gros titre” bullish… mais avec l’astérisque shutdown
Ce qui est sorti
Sur novembre (avec un mois d’octobre annulé), le BLS indique notamment :
CPI (12 mois) : +2,7%
Core CPI (12 mois) : +2,6%
Et un détail crucial : l’évolution “courte” est donnée sur 2 mois (septembre → novembre) du fait de l’absence d’octobre. Bureau of Labor Statistics
Reuters insiste sur la surprise : inflation annuelle plus faible qu’attendu et question de “distortion” due au manque de données. Reuters+1
Inquiétudes
Qualité / distorsion : même les analystes haussiers veulent “un prochain print propre” pour confirmer (Reuters cite explicitement le besoin de follow-through). Reuters
La peur de la “fausse bonne nouvelle” : le marché pump sur un CPI, puis se fait reprendre si le prochain print contredit.
Reconforts
Le marché lit : désinflation → plus de marge pour baisser les taux si l’emploi se dégrade.
Reuters note que les indices rebondissent depuis des plus bas récents et que les traders ajustent les probabilités de cuts (FedWatch). Reuters
Réaction marché
Le 18 décembre : S&P +0,79% (6 774,76), Nasdaq +1,38%. Reuters
AP ajoute que ça a mis fin à une série de baisse récente du S&P 500. Associated Press
7) Lecture fondamentale : quel scénario macro gagne des points ?
Scénario A — “Soft landing + désinflation”
Pour :
CPI et PCE indiquent une inflation en zone 2,x (même si > 2). Bureau of Labor Statistics+1
La Fed a déjà commencé à couper et reconnaît la montée des risques sur l’emploi. Federal Reserve
Contre :
La Fed elle-même projette une baisse de taux progressive, pas un cycle d’easing agressif. Federal Reserve
Les données restent “bruitées” (shutdown).
Scénario B — “Ralentissement plus marqué / risque emploi”
Pour :
Chômage 4,6% + Fed qui dit que les risques emploi ont augmenté. Bureau of Labor Statistics+1
Contre :
Payrolls positifs et certains secteurs recrutent encore. Bureau of Labor Statistics
Scénario C — “Inflation collante, Fed contrainte”
Pour :
PCE/core PCE encore 2,8% YoY sur la dernière observation publiée. Bureau of Economic Analysis
Contre :
CPI core 2,6% : si confirmé, ça détend franchement la contrainte inflation. Bureau of Labor Statistics
8) Lecture technique : ce que raconte vraiment le prix (S&P 500)
Sans sur-interpréter, il y a 3 messages “chart” assez nets à partir des clôtures observées :
Sommet / zone de friction : le S&P 500 a approché sa zone de records (Reuters parle d’un retour vers le record d’octobre, sans le dépasser). Reuters
Pullback contrôlé : la baisse post-FOMC jusqu’à la zone 6 800–6 775 ressemble à une décompression de court terme (≈ -1,6% du 10 au 18). Reuters+1
Le CPI déclenche un “relief rally” : rebond puissant, plutôt “risk-on” (Nasdaq surperforme). Reuters
Conclusion technique (simple, utile) : le marché n’est pas en mode panique, il est en mode “acheter les bons prints, vendre l’incertitude”.
9) Lecture comportementale : ce que X (Twitter) dit du “sentiment” (peurs vs espoirs)
9.1 Le camp “bullish / rate cuts = bullish”
Plusieurs posts résument la séquence comme : “Fed cut + inflation qui refroidit = conditions financières plus favorables”, avec un ton “risk-on”. Exemple de synthèse FOMC (cut, vote 9-3) : X (formerly Twitter)
D’autres comptes font surtout des “market recap” chiffrés (S&P/Nasdaq + CPI). X (formerly Twitter)
9.2 Le camp “sceptique / data pas fiable”
On voit passer des posts qui martèlent l’idée que le shutdown distord les prints et qu’il faut relativiser le signal du CPI (certains vont même jusqu’au soupçon excessif). X (formerly Twitter)+1
C’est important psychologiquement : même si les chiffres sont bons, si la confiance baisse, la volatilité augmente.
9.3 Le camp “macro pur” : “la Fed a dû décider sans toutes les pièces du puzzle”
Un angle intéressant : certains se demandent si le comité aurait été moins divisé si NFP + CPI avaient été disponibles avant la décision de décembre. X (formerly Twitter)
→ Traduction “trader” : le prochain cycle de réunions pourrait être plus réactif aux prochains prints “propres”.
9.4 Le camp “technique / price action”
Certains posts mettent l’accent sur la fatigue du marché et des niveaux psychologiques (ex : difficultés à tenir une zone proche des 6 900). X (formerly Twitter)
Le vrai takeaway “comportemental” :
Le marché est dans un état mixte : espoir de baisses (dopamine) + doute sur les données (cortisol). Ce mélange produit typiquement des séances “à mèches” et des rotations rapides.
10) Le match “analystes vs marché” (là où se niche la volatilité)
Ce que dit la Fed (message officiel)
“Downside risks to employment rose”
“Inflation remains somewhat elevated”
trajectoire de taux médiane qui baisse lentement Federal Reserve+1
Ce que price le marché (au fil des jours)
Après NFP, Reuters note que les investisseurs priceaient au moins 58 bps de cuts l’année suivante (plus dovish que la Fed). Reuters
Après CPI, Reuters rapporte des ajustements de probas (FedWatch) et un marché qui veut croire au scénario “Fed plus accommodante si inflation confirme”. Reuters
Le point de friction clé
Quand le marché veut 2–3 cuts et que la Fed en projette ~1, tu as :
De la vol,
Des fakeouts,
Et des moves violents sur taux/dollar/tech.
11) Ce qu’il faut surveiller maintenant (les “questions ouvertes”)
Le prochain chiffre d'inflation “sans distorsion” : est-ce que le refroidissement de l’inflation se confirme, ou est-ce un artefact ? Reuters+1
Le chômage : 4,6% devient-il une tendance (et donc une Fed plus pressée) ? Bureau of Labor Statistics+1
Le gap marché vs Fed : s’il se referme, ça peut se faire soit par “marché qui devient hawkish”, soit par “Fed qui devient dovish”. Dans les deux cas : gros mouvements possibles.
