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PCE du 5 décembre 2025 : “rien d’explosif”… et pourtant tout le monde y voit un signal pour la Fed

8 décembre 2025 par
PCE du 5 décembre 2025 : “rien d’explosif”… et pourtant tout le monde y voit un signal pour la Fed
Maxence
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PCE du 5 décembre 2025 : “rien d’explosif”… et pourtant tout le monde y voit un signal pour la Fed

Résumé (30 sec)

  • Le PCE de septembre (publié en retard le 5 déc. à cause du shutdown) montre une inflation à 2,8% sur un an et un core PCE à 2,8% ; mensuellement +0,3% et +0,2% pour le core. Bureau of Economic Analysis+1

  • La demande ralentit : la dépense nominale monte, mais la consommation réelle est plate. Bureau of Economic Analysis+2Reuters+2

  • Le S&P 500 finit légèrement en hausse (+0,19%), comme si le marché disait : “OK, ça valide le scénario de baisse de taux, next.” Reuters+1

  • Les anticipations de cut de 25 pb à la prochaine réunion restent très élevées (~87%) : le rapport conforte plus qu’il ne “révèle”. Reuters+1

  • Par rapport au SEP du 17 sept. 2025, l’inflation observée est déjà sous les médianes (PCE 3,0% / core 3,1% pour 2025), mais la Fed regarde surtout la durabilité (tarifs, services, anticipations). Federal Reserve+1

1) Le fait brut : que dit vraiment le rapport ?

Le BEA publie (avec retard) le Personal Income & Outlays de septembre :

Côté activité des ménages :

Décomposition importante (micro) : la hausse des dépenses vient surtout des services, alors que les durables reculent nettement selon PNC (signal “fatigue” des gros achats). Bureau of Economic Analysis+1

2) Réaction du marché : S&P 500 “content”, mais pas euphorique

Le jour J, Wall Street termine en petite hausse : S&P 500 +0,19% (Dow +0,22%, Nasdaq +0,31%). Reuters

Pourquoi si “petit” alors que l’inflation est le nerf de la guerre ? Parce que le rapport :

  • confirme un scénario déjà largement pricé (cut probable),

  • et arrive en plus sur des données datées (septembre), dans un marché qui a déjà shifté vers “le vrai sujet, c’est la Fed mercredi prochain”. Reuters+1

Côté taux/dollar (réaction macro) : le contexte global décrit par Reuters, c’est “cut attendu = dollar plus faible, actifs à risque soutenus”, même si les rendements US montent légèrement ce jour-là (10Y ~4,137%, 2Y ~3,565%). Reuters

Et le point clé : le marché évalue la Fed en probabilités. Reuters rapporte ~87% de probabilité d’un cut de 25 pb (CME FedWatch). Reuters+1

3) “Ce que les gens en pensent” (X/Twitter) : 4 narratifs qui reviennent

Même avec l’accès partiel aux posts (X est souvent difficile à parser), les extraits publics et reprises montrent 4 réactions-types :

A) Le camp “dovish = risk-on”

Beaucoup de posts résument : core à 2,8 vs 2,9 attendu = feu vert pour les baisses de taux (avec parfois un ton très “breaking”). X (formerly Twitter)+1

B) Le camp “c’est du rétroviseur”

Le rapport est septembre, publié en décembre : plusieurs commentateurs insistent sur le côté stale, donc “utile pour valider la tendance, pas pour trader l’instant”. Et les médias rappellent explicitement le retard lié au shutdown de 43 jours. Reuters+2Reuters+2

C) Le camp “tarifs = risque de ré-accélération”

Tu vois revenir l’idée : l’inflation est “gérable”, mais les tarifs peuvent remettre du feu dans les biens. Reuters note que les tarifs ont contribué à une hausse graduelle des prix, et que les prix des biens/énergie ont poussé le headline (biens +0,5% ; énergie +3,6% sur le mois selon Reuters). Reuters+1

D) Le camp “bad news is good news… jusqu’au moment où ça casse”

C’est le narratif “goldilocks fragile” : on veut du ralentissement (pour la Fed), mais pas de cassure de la conso/emploi (pour les profits). Le fait que la conso réelle soit plate nourrit cette ambivalence. Bureau of Economic Analysis+2Reuters+2

4) Les grandes interrogations — et les réponses (macro + comportemental)

Question 1 — “Inflation sous les projections = plus de baisses de taux ?”

Comparaison SEP (17 sept. 2025) : la Fed projetait (médiane) pour 2025

Le fait que le PCE/core soient à 2,8% a/a en septembre va plutôt dans le sens d’une Fed qui peut continuer l’assouplissement. Bureau of Economic Analysis+2Reuters+2

Mais attention à l’illusion cognitive : SEP = Q4/Q4, ton chiffre est a/a en septembre. Ça ne s’aligne pas parfaitement. Et surtout : la Fed sait déjà “à peu près” où se situe le PCE via CPI/PPI quand il y a blackout — les minutes du 29 oct. indiquaient déjà une estimation de PCE 2,8% pour septembre. Federal Reserve

➡️ Donc : ce rapport ne force pas une trajectoire de cuts plus agressive ; il renforce le scénario central “un cut de plus est cohérent”.

Question 2 — “Moins d’inflation : c’est good news ou bad news ?”

On est typiquement dans ton régime bad news is good news :

  • si la conso ralentit → moins de pression inflationniste → plus d’espace pour la Fed,

  • mais si la conso ralentit trop → bénéfices en danger.

Là, les signaux sont mitigés : dépenses nominales +0,3%, mais réel = 0,0%, et PNC souligne un recul des durables (-0,7%). Ça ressemble à un consommateur qui arbitre, pas à une économie qui s’effondre. Bureau of Economic Analysis+2PNC Bank+2

Le volet psycho : le marché “récompense” surtout la décélération contrôlée. Dès que ça ressemble à un choc de demande, le régime bascule en “bad news is bad news”.

Question 3 — “Et le risque d’inflation qui repart (tarifs) ?”

C’est LA raison pour laquelle “2,8%” ne suffit pas à déclencher une euphorie durable.

Powell a explicitement expliqué que les tarifs peuvent être un one-time shift du niveau des prix… mais avec un risque que ça devienne plus persistant, surtout si ça contamine salaires/anticipations. Federal Reserve+1

PNC est assez clair : inflation “collée” au-dessus de 2% et possibilité d’une poursuite du pass-through des tarifs. PNC Bank

5) Mise en perspective “historique” (macro/micro) : pourquoi 2,8% n’est pas un non-événement

Deux repères utiles :

  1. D’où on vient : headline PCE a culminé autour de 7% en 2022 (ex. 7,1% en juin 2022), et le core PCE a atteint un pic autour de 5,4% (févr. 2022, selon sources Fed).

  2. Le “dernier kilomètre” : revenir de 7% à 3% est plus facile que de passer de 3% à 2%. Le fait que le core soit à 2,8% et avance à 0,2% m/m (≈ 2,4% annualisé si ça persistait) donne de l’air, mais ne crie pas “cible atteinte”. Bureau of Economic Analysis+1

Comportementalement, c’est exactement là que les narratifs deviennent dominants :

  • Les bulls s’ancrent sur “2,8% c’est proche de 2%” (biais d’ancrage).

  • Les bears s’ancrent sur “on ne fait plus de progrès depuis des mois” (biais de récence).

    La vérité dépend du trend des prochains mois (oct-nov-déc) plus que du seul septembre.

Conclusion finale

Oui, ce rapport va globalement dans le sens de la Fed : inflation qui ne déraille pas, core un peu plus bas, demande qui perd un peu de momentum. Ça conforte l’idée d’un cut “logique” au prochain FOMC, ce que le marché price déjà très fort (~87%). Reuters+2Reuters+2

Mais non, ce n’est pas automatiquement “plus de cuts que prévu”, pour trois raisons :

  1. données en retard → la Fed et le marché ont déjà “mentalement pricé” septembre ;

  2. risque tarifs/biens → la Fed veut éviter une re-accélération (Powell l’a martelé) ;

  3. équilibre bad-news-is-good-news → si la baisse d’inflation vient d’une vraie faiblesse de demande, le marché finit par demander une prime de risque. Reuters+2Federal Reserve+2

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