Le trading est‑il vraiment rentable ?
Réponse honnête, chiffres clairs et méthode de validation
EMT – Financial School | Centre de formation d’excellence en finance de marché & trading
Résumé en 30 secondes
Oui, le trading peut être rentable, mais pas “par magie”. La rentabilité réelle repose sur :
une espérance statistique positive (edge) après coûts et impôts,
une gestion du risque stricte (taille de position, stops, limites),
une exécution disciplinée,
un échantillon suffisant de trades (plusieurs centaines) pour que la performance soit statistiquement crédible.
Sans ces quatre piliers, la rentabilité devient une illusion ou un coup de chance non reproductible.
1) Ce que “rentable” veut dire — précisément
La rentabilité se mesure net de tout : frais, slippage, financement, impôts.
On distingue trois niveaux :
Rentable brute : vos trades gagnent avant coûts.
Rentable nette : vos gains après coûts restent positifs.
Rentable durable : vos gains nets sont reproductibles sur une longue série, avec un drawdown et une volatilité compatibles avec votre tolérance.
Objectif EMT : viser la rentabilité durable, pas un “feu d’artifice” de court terme.
2) La mécanique de la rentabilité : l’espérance
La formule d’espérance par trade (en unité de risque R) :
Espeˊrance=p×G−(1−p)×P−Couˆts\textbf{Espérance} = p \times G - (1-p) \times P - \text{Coûts}Espeˊrance=p×G−(1−p)×P−Couˆts
ppp = probabilité de gain,
GGG = gain moyen (en R) lorsque vous gagnez,
PPP = perte moyenne (souvent 1 R si vos stops sont standardisés),
Coûts = commissions + spread + slippage + financement (en fraction de R).
Taux de réussite d’équilibre (break‑even) quand P=1RP=1RP=1R :
p\*=1+Couˆts1+G\textbf{p\*} = \frac{1 + \text{Coûts}}{1 + G}p\*=1+G1+Couˆts
Plus vos coûts sont élevés, plus votre win rate minimal grimpe.
3) Trois scénarios concrets (chiffrés)
Hypothèse commune : P=1RP = 1RP=1R. Coûts exprimés en R par trade (ex. 0,10 R = 10 % de votre risque par trade).
A) Setup équilibré (souvent “propre” pour du swing)
p=42%p = 42\%p=42%, G=2RG = 2RG=2R, Coûts = 0,10R
Espérance =0,42×2−0,58×1−0,10=0,84−0,58−0,10=0,16 R/trade= 0,42 \times 2 - 0,58 \times 1 - 0,10 = 0,84 - 0,58 - 0,10 = \textbf{0,16 R/trade}=0,42×2−0,58×1−0,10=0,84−0,58−0,10=0,16 R/trade.
Avec 12 trades/mois et risque/trade = 0,5 % :
\text{Rendement mensuel} \approx 0{,}16 \times 12 \times 0{,}5\% = \textbf{0,96 %} (≈ 11–12 %/an sans composés).
B) Setup “flatteur mais non rentable” si coûts ignorés
p=50%p = 50\%p=50%, G=1,2RG = 1{,}2RG=1,2R, Coûts = 0,10R
Espérance =0,5×1,2−0,5×1−0,10=0,6−0,5−0,10=0= 0,5 \times 1{,}2 - 0,5 \times 1 - 0,10 = 0{,}6 - 0{,}5 - 0{,}10 = \textbf{0}=0,5×1,2−0,5×1−0,10=0,6−0,5−0,10=0.
Leçon : une stratégie “correcte” à l’œil nu devient nulle une fois les coûts intégrés.
C) Setup convex (gagnants plus gros que perdants)
p=38%p = 38\%p=38%, G=3RG = 3RG=3R, Coûts = 0,07R
Espérance =0,38×3−0,62×1−0,07=1,14−0,62−0,07=0,45 R/trade= 0{,}38 \times 3 - 0{,}62 \times 1 - 0{,}07 = 1{,}14 - 0{,}62 - 0{,}07 = \textbf{0{,}45 R/trade}=0,38×3−0,62×1−0,07=1,14−0,62−0,07=0,45 R/trade.
Avec 15 trades/mois et 0,5 % de risque/trade :
\text{Rendement mensuel} \approx 0{,}45 \times 15 \times 0{,}5\% = \textbf{3{,}38 %}.
Potentiellement très rentable, mais plus volatile : longues périodes de petites pertes ponctuées de gros gains → gestion mentale indispensable.
4) Ce qui rend (ou non) une stratégie rentable durable
Rend rentable :
Edge mesurable (statistiques significatives sur 200–500 trades)
Coûts maîtrisés (viser ≤ 10–15 % de R par trade)
Sizing stable (0,25–1 % du capital par trade)
Diversification d’actifs / de stratégies pour lisser la variance
Exécution (qualité des ordres, liquidité, horaires pertinents)
Journal & post‑mortem (amélioration continue)
Détruit la rentabilité :
Sous‑capitalisation compensée par effet de levier
Overtrading (multiplier les coûts sans edge)
Changer de méthode sans respecter la taille d’échantillon
Ignorer la corrélation entre positions (risque caché ×2 ou ×3)
Retraits intempestifs qui affaiblissent le compte en drawdown
5) “Rentabilité réelle” : à quoi s’attendre ?
Sur un compte individuel bien géré, des rendements à un chiffre élevé ou deux chiffres modestes par an (après coûts, avant impôts) sont déjà une réussite pour un particulier discipliné.
Des phases au‑dessus existent (marchés porteurs, edge en forme), mais ne sont pas la norme chaque mois.
La stabilité (faible drawdown, constance du processus) vaut souvent plus que la performance ponctuelle.
Les promesses de rendements mensuels garantis sont irréalistes. Un trader durable pense en probabilités et en séries, pas en certitudes.
6) Votre check‑list “Rentable, vraiment ?”
Cochez oui honnêtement :
J’ai une règle d’entrée/sortie écrite et testée.
Mes coûts par trade sont mesurés et ≤ 15 % de R.
Mon espérance est > 0 sur ≥ 200 trades réels (pas uniquement en démo).
Mon max drawdown est acceptable financièrement et psychologiquement.
Je respecte mon risque par trade (0,25–1 %) et mes limites (journée/semaine).
J’ai une revue hebdo/mensuelle avec décisions d’amélioration.
Si plusieurs non → votre priorité n’est pas “faire plus de trades”, mais réparer le processus.
7) La méthode EMT pour passer de “ça marche parfois” à “c’est rentable durablement”
Audit d’espérance : calcul p/G/P/Coûts, break‑even p\*p\*p\*, métriques (R‑multiple, ratio gain/perte, % gagnants).
Money management : calibrage R, règles de sizing, limites de drawdown, scénarios de stress.
Exécution & coûts : choix des instruments (actions/ETF, FX micro‑lots, options à risque limité, micro‑futures), horaires, type d’ordres.
Journaling : base de données de trades, tagging des setups, post‑mortem systématique.
Psycho & routines : checklists, plan de séance, règles de pause après séries de pertes.
Feuille de route : objectifs trimestriels de qualité (respect des règles) et de quantité (nombre de trades valides), pas seulement de P&L.
8) FAQ express
Faut‑il un gros capital pour être rentable ?
Non. Il faut un capital cohérent avec votre R et vos coûts. La rentabilité en % ne dépend pas seulement de la taille du compte, mais du processus.
Les gros rendements de réseaux sociaux sont-ils réalistes ?
Parfois véridiques… souvent non vérifiables ou non reproductibles. Cherchez la méthode, pas le screenshot.
L’analyse technique suffit‑elle ?
Utile, mais incomplète sans gestion des coûts, risque, exécution et psycho.
Conclusion
Le trading peut être vraiment rentable quand il repose sur une espérance positive, une discipline d’exécution, une gestion du risque irréprochable et une mesure honnête des coûts et de la fiscalité. La question n’est pas “peut‑on gagner ?”, mais “peut‑on gagner de façon répétable et soutenable ?” — c’est précisément l’objet de la méthode EMT – Financial School.
Mentions pédagogiques
Le trading comporte un risque élevé de perte en capital, notamment avec les produits à effet de levier. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce contenu est éducatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.
