Comment fonctionne le spread ?
La brique de base du coût de trading — et comment le maîtriser
EMT – Financial School | Centre d’excellence en finance de marché & trading
Résumé en 30 secondes
Le spread est l’écart entre le prix acheteur (bid) et le prix vendeur (ask). Quand vous achetez, vous payez ask ; quand vous vendez, vous touchez bid.
Cet écart est un coût immédiat : votre position démarre en négatif du montant du spread (avant commissions/slippage/financement).
Le spread s’élargit quand la liquidité baisse (ouvertures, annonces macro, nuit, actifs peu échangés) et se resserre quand la profondeur du marché est forte (overlap Londres–New York en FX, heures cash en actions/futures).
Objectif EMT : maintenir vos coûts de transaction (spread + commission + slippage) ≤ 10–15 % de votre R (risque par trade).
1) Définition simple, effet concret
Bid : meilleur prix auquel le marché achète.
Ask : meilleur prix auquel le marché vend.
Spread = ask − bid (exprimé en pips, points ou €).
Exemple (FX)
EUR/USD = 1,1000 / 1,1001 → spread = 0,0001 = 1 pip.
Vous achetez à 1,1001 ; votre P&L mark‑to‑market est −1 pip tant que le bid reste à 1,1000.
Pour revenir à 0, il faut que le bid monte à 1,1001 (donc que le mid‑price progresse d’environ un demi‑spread).
2) Spread affiché vs coût effectif
Le spread n’est qu’une partie du coût de transaction. Le coût réel d’un aller‑retour est :
Couˆt effectif≈spread payeˊ+commission±slippage\text{Coût effectif} \approx \textbf{spread payé} + \textbf{commission} \pm \textbf{slippage}Couˆt effectif≈spread payeˊ+commission±slippage
Commission : frais fixes au volume (ex. 7 $ par lot FX) ou inclus dans le spread.
Slippage : différence entre le prix demandé et le prix obtenu (peut être négatif ou positif).
Financement (overnight) : s’ajoute si vous conservez la position (swap/taux).
Exemple chiffré (EUR/USD, 100 000 unités)
“Raw” + commission : spread 0,2 pip + 7 $ de commission.
1 pip vaut 10 $ → 7 $ = 0,7 pip → coût ≈ 0,9 pip (hors slippage).
Tout‑inclus : spread 1,2 pip sans commission → coût 1,2 pip.
→ Ici, la formule “raw + commission” est moins chère. Mais si le spread raw moyen passe à 0,5 pip, le coût devient 0,5 + 0,7 = 1,2 pip… identique au tout‑inclus. Seule la mesure sur vos horaires tranche.
3) Pourquoi le spread bouge ?
Liquidité : plus de profondeur → spreads serrés ; profondeur fine → spreads larges.
Volatilité / News : autour des annonces (CPI, NFP, banques centrales), les teneurs de marché élargissent pour se protéger.
Heures de marché :
Actions/Futures : spreads serrés pendant la session cash ; plus larges hors‑séance.
FX : plus serré sur overlap Londres–New York ; plus large la nuit asiatique pour certaines paires.
Crypto : 24/7, mais week‑end/nuit souvent moins liquide.
Actif : un indice majeur ou une blue‑chip aura, en général, un spread plus serré qu’un small cap ou une altcoin peu échangée.
Modèle de courtage : “raw + commission” (type ECN/DMA) vs “tout‑inclus” (market making) → même coût possible selon les conditions.
4) L’impact du spread sur votre espérance
L’espérance par trade (en pips) se calcule :
E=p×(G−couˆts)−(1−p)×(P+couˆts)E = p \times (G - \text{coûts}) - (1-p) \times (P + \text{coûts})E=p×(G−couˆts)−(1−p)×(P+couˆts)
ppp = probabilité de gain, GGG = gain moyen, PPP = perte moyenne (en pips).
Exemple : cible 5 pips, stop 5 pips, p=50%p = 50\%p=50%, coût = 1 pip.
E=0,5×(5−1)−0,5×(5+1)=2−3=−1E = 0{,}5 \times (5-1) - 0{,}5 \times (5+1) = 2 - 3 = -1E=0,5×(5−1)−0,5×(5+1)=2−3=−1 pip.
→ Avec petites cibles, un spread “élevé” détruit l’espérance. Il faut réduire le coût (spreads + commissions + slippage), élargir la cible, améliorer ppp, ou combiner.
5) Fixed vs variable, raw vs mark‑up
Fixed : spread quasi constant (utile en période calme) mais souvent plus cher en moyenne ; peut saillir ou être suspendu lors d’événements majeurs.
Variable : suit la liquidité (bon marché en heures liquides, plus large en volatilité).
Raw + commission : transparence du coût (spread du marché + fee) ; idéal pour TCA (analyse des coûts).
Mark‑up : commission “cachée” dans le spread ; simple pour débuter, mais moins lisible.
6) Réduire l’effet du spread — la méthode EMT
6.1 Choisir quand et quoi trader
Horaires liquides (ouvertures/clôtures actions, overlap FX, sessions futures).
Actifs liquides (majors FX, indices principaux, actions large cap) pour viser des spreads serrés.
6.2 Choisir comment exécuter
Préférer ordres limit pour éviter le slippage négatif (sans garantie de remplissage).
Utiliser des ordres bracket/OCO (entrée + stop + target) pour standardiser l’exécution.
Éviter les entrées pile sur news si votre méthode ne le prévoit pas.
6.3 Mesurer vos coûts effectifs
Suivre spread moyen, commission, slippage (distributions, pas seulement la moyenne).
Tenir un journal (captures avant/après) et un tableau TCA (coût en % de R).
Cible EMT : coûts ≤ 10–15 % de R par trade.
7) Spreads par classe d’actifs (repères opérationnels)
FX (au pip) : majors souvent < 1 pip en heures liquides ; exotiques larges.
Indices & Futures (au tick/point) : spreads “one‑tick” fréquents en heures cash ; attention nuit et rollovers.
Actions : spread dépend de la tick size, du prix et des volumes ; petites capitalisations = spreads larges.
Options : spreads reflètent liquidité + volatilité implicite ; préférez strikes/maturités liquides.
8) Mini‑atelier (10 min) — calculez votre coût
Notez sur 1 semaine, pour un setup et un créneau fixe :
Spread moyen (aller) ; commission (aller‑retour) ; slippage net (aller).
Convertissez en pips/points puis en € (ou % de R).
Si coûts > 15 % de R, ajustez horaire, actif, type d’ordre… ou changez de courtier après test A/B.
9) FAQ express
Le spread est‑il toujours payé ?
Oui pour une exécution au marché : vous achetez à ask, vendez à bid. Avec un limit qui se fait “prendre”, vous réduisez le coût (mais vous acceptez le risque de non‑remplissage).
Pourquoi mon spread s’élargit‑il la nuit/le week‑end ?
Moins de liquidité → teneurs de marché élargissent pour se couvrir. C’est normal ; adaptez votre planning.
Spread “zéro” affiché, c’est gratuit ?
Non : soit la commission est explicite, soit il y a un mark‑up invisible, soit le spread “zéro” est transitoire (période très liquide). Regardez le coût effectif.
Limiter le spread suffit‑il pour être rentable ?
Non. Le spread est un levier d’optimisation, pas une stratégie. Votre espérance dépend aussi de ppp, GGG, PPP, de la discipline et du cadre de risque.
La signature EMT – Financial School
Nous transformons le spread en variable contrôlée de votre P&L :
Routines Risk‑First (R = 0,25–1 % ; stop‑jour −3 R ; coûts ≤ 10–15 % de R).
Playbooks d’exécution (fenêtres liquides, ordres, time‑stops).
TCA et journaux normés pour mesurer spread/commission/slippage et décider où et comment vous avez un avantage.
Conclusion
Le spread n’est pas un détail : c’est le coût de friction qui conditionne votre espérance — surtout en intraday. Apprenez à le lire, à le prévoir (horaires, actifs, news) et à le mesurer (coût effectif, % de R). Le reste — discipline, gestion du risque, exécution propre — fait la différence durable. C’est l’ADN d’EMT – Financial School.
Mémo imprimable — “Mon plan spread”
Je connais le bid/ask et mon coût effectif (spread + commission ± slippage)
Mes fenêtres sont liquides ; j’évite les news si ma méthode ne les traite pas
J’utilise des ordres limit/bracket quand c’est pertinent
Mes coûts ≤ 10–15 % de R (sinon j’ajuste actif/heure/exécution)
Je journalise & je fais un TCA hebdo pour piloter mes améliorations
Mentions pédagogiques : le trading comporte un risque de perte en capital, en particulier sur les produits à effet de levier. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.
